Bienvenue sur fmads.over-blog.com, blog consacré à la fanfic FullMetal Alchemist: Division Spéciale.
Bon, bon, je sais, j'avais promis de finir à temps cette fois. Mais bon, l'extrait est plus long que le précédent, et j'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire. J'espère que vous l'aimerez aussi. A dimanche (...) pour la suite du chapitre 2!
Il fallait qu’il parle à Beck. Et cette fois, pas question de le laisser s’en tirer avec des bribes de réponses. Il allait cracher le morceau tout entier, de gré ou de force. Mustang n’allait pas apprécier, mais il s’en moquait. Son instinct. Toujours se fier à son instinct. Il se trompait peut-être, mais, à bien y réfléchir, il préférait encore passer pour une andouille et avoir la conscience tranquille.
Il entra dans le bureau de Thompson, qui leva les yeux de son journal et sourit.
- Tiens, salut Tom ! Quel bon vent t’amène ?
- …quelqu’un à voir, marmonna Owen.
- D’accord, mais j’ai besoin d’une autorisation signée par Mustang et…hé ! Tu m’écoutes ?
- Non, répondit évasivement Tom en se dirigeant vers les cellules.
- Arrête, bon Dieu ! Je pourrais avoir des ennuis, moi, avec tes bêtises ! Et puis qu’est-ce que tu as de si urgent à demander à ces deux types ?
- …pas tes oignons, Doug.
Mais Thompson, qui avait rattrapé Thomas, le saisit par le bras.
- Désolé, mon vieux, mais le règlement, c’est le règlement…
Tom le regarda quelques instants en silence, puis se mit à rire.
- C’est quand même pas toi qui vas me faire une leçon de discipline !
- Les gens changent, Tom. Et puis, je n’ai pas envie de perdre mon boulot. Si tu dois parler à un prisonnier, tu dois d’abord voir Mustang.
Thomas avait pensé à demander une autorisation à Mustang. Il l’aurait fait s’il ne le connaissait pas assez bien pour savoir ce qu’il répondrait : « Un rapport a été envoyé à l’armée…pas question d’ouvrir une enquête à ce sujet…commencez par faire correctement votre boulot, et après vous ferez celui des autres… ». Sans compter que l’ex-colonel Mustang se foutait sans doute royalement de son instinct. Après tout, ce « type » dont parlait Beck n’était peut-être qu’un mafieux local qui pensait qu’un alchimiste d’Etat était un otage de grande valeur, ou un milliardaire cinglé qui voulait voir des alchimistes combattre dans une arène et organiser des paris clandestins. Des tas de possibilités existaient, des plus banales aux plus farfelues. Mais Tom pressentait quelque chose de plus gros, de plus dangereux. Il avait lu la terreur dans les yeux de Joachim Beck. Rien à voir avec la peur d’un règlement de comptes entre un petit caïd et son supérieur…
***
Thomas avait perdu ses deux bras lorsqu’il avait seize ans. Il était alors le jeune assistant de feu le célèbre chasseur de primes Francis Manninger. Leur mission était assez simple. Un groupe de vétérans de l’armée avait formé une milice xénophobe et menait des opérations de terreur chez les réfugiés Ishbals installés dans les bas-fonds de Central. Des réfugiés, qui ne comptaient pas trop sur les flics – que Thomas n’aimait toujours pas beaucoup – et encore moins sur l’armée, avaient collecté une petite somme promise à qui les arrêterait. Tom, comme tous ceux de son âge, était un idéaliste. Alors qu’ils se rendaient à Central pour accomplir cette besogne, il avait demandé à Manninger pourquoi est-ce qu’ils ne faisaient pas ce genre de mission gratuitement. Après tout, ils gagnaient très bien leur vie, et ces pauvres gens avaient sans doute fait de gros sacrifice pour réunir cette prime. Son mentor l’avait longuement toisé du regard avec un air sévère, et le jeune homme commençait à se demander s’il n’avait pas dit une bêtise lorsque celui-ci répondit : « C’est dans l’ordre des choses. L’échange équivalent. Ces gens ne veulent pas ou ne peuvent pas prendre le risque de s’attaquer à leurs ennemis, alors ils demandent à quelqu’un d’autre de le faire à leur place. Mais dans la vie, on ne peut pas se reposer ainsi sur les autres. Il y a tout de même un prix à payer. Il y a toujours un prix à payer. L’échange équivalent, répéta t-il après une pause. Ils payent pour ne pas prendre de risques, et nous prenons des risques pour être payés, Tom. Tu serais prêt à mourir pour quelqu’un d’autre, sans rien avoir en retour ? »
Owen avait réfléchi avant de répondre que non, il ne prendrait probablement pas ce genre de risques pour de parfaits inconnus, mais qu’il ne croyait pas à l’échange équivalent. Après tout, Manninger l’avait recueilli dans la rue, il lui avait appris tout ce qu’il savait aujourd’hui sans rien recevoir en retour. Parfois, un être humain pouvait faire preuve de générosité, donner sans recevoir.
« Tu te trompes, répondit Francis. A l’époque, je souffrais de ma solitude. C’est pourtant presque inévitable dans notre métier. Mais je t’ai rencontré, et je t’ai transmis mon savoir-faire contre ta compagnie. C’était un échange équivalent. »
Ils s’étaient tus pendant le reste du trajet.
***
Ils n’avaient pas eu trop de difficultés à repérer les miliciens. Ils se terraient dans un entrepôt abandonné, à la périphérie de la ville. Selon les informations fournies par les Ishbals, ils étaient cinq, et aucun d’eux ne maîtrisait l’alchimie. Ce n’était pas une mission facile, mais ils avaient connu pire. Thomas devait pénétrer par l’entrée principale, tandis que Francis entrait par derrière. Ils avaient répété ce genre d’opération à de nombreuses reprises : lorsqu’on avait à faire à un groupe de plusieurs personnes, la meilleure solution était de les encercler. Pas de fuites, pas de gestes inconsidérés. Ils les livraient à la police, encaissaient la prime et s’en allaient.
C’est ce qu’ils auraient fait si les choses s’étaient déroulées comme prévu. Mais les informations des Ishbals étaient incomplètes, pour ne pas dire complètement foireuses. Non seulement un des miliciens maîtrisait l’alchimie (enfin, maîtriser n’était pas le mot juste, il se contentait de faire un truc bizarre avec un générateur électrique qu’il portait sur le dos), mais en plus les miliciens étaient huit, sans compter un cinglé en armure qui tenait un énorme couteau de boucher. Les choses avaient vite dégénéré. Une fusillade avait éclaté. Thomas avait tué deux miliciens tandis que Francis neutralisait l’alchimiste et se débarrassait d’un autre porte-flingues. Mais ils n’avaient pas repéré le colosse en armure. Il avait sauté de la passerelle qui surplombait l’entrepôt en poussant des cris déments, puis il s’était rué sur Manninger. Francis avait réussi à esquiver mais son attention avait été détournée des miliciens, qui n’avaient pas laissé passer cette occasion. Il s’était effondré, le corps criblé de balles et la colère avait aussitôt envahi Thomas, une colère tellement sourde et brutale qu’il en avait oublié la situation. Il s’était rué sur le type en armure, qui était alors en train d’engueuler les assassins de Francis. Il disait qu’il était à lui, ou quelque chose dans le genre. Mais Thomas l’entendait à peine. Et il n’entendait pas du tout la grenade qui roulait juste devant lui. Puis ce fut le néant.
Il s’était réveillé deux jours plus tard à l’hôpital militaire, sans bras et salement amoché. Des militaires en patrouille avaient entendu la fusillade et investi l’entrepôt juste après l’explosion, faisant fuir ses ennemis. La chambre à côté de la sienne était très bruyante. D’après les voix, elle semblait occupée par des gamins, et ce n’est que plus tard qu’il avait appris que les gamins en question étaient les frères Elric, et que ces mêmes frères Elric avaient mis fin aux agissement de la milice à peine deux jours plus tard. Après plusieurs semaines de convalescence, il avait quitté l’hôpital et s’était rendu sur le lieu de la fusillade. Les Ishbals étaient au courant de ce qu’il avait fait, et ils lui donnèrent une partie de la somme pour avoir tué trois des miliciens. Même pas de quoi payer les funérailles de Manninger. Echange équivalent ? Mon œil.
Mais comme il l’avait dit à Francis Manninger la veille de sa mort, ils gagnaient très bien leur vie. Ils avaient de l’argent de côté, et Tom s’en était servi pour financer les funérailles de son ancien collègue et ami, ainsi que pour se munir de méca-greffes. Après quelques mois, il avait pu reprendre son travail de chasseur de primes. Seul, cette fois. Mais cette expérience l’avait marqué en profondeur, et il se souvenait parfaitement de l’expression qu’affichait le visage de Francis lorsque le psychopathe en armure l’avait attaqué. Une peur sauvage, soudaine, sincère. Une peur que seuls quelques hommes connaissaient. Et il avait pu lire la même peur dans les yeux de Joachim Beck. Non, décidément, il lui fallait tirer cette histoire au clair, à tout prix.
Une explosion l’arracha finalement à ses pensées. Un des murs du bloc vola en éclats, projetant des débris de métal dans toutes les directions. Il plongea à terre, entraînant Thompson dans sa chute. Au moins, se dit-il, cette explosion là ne risquait pas de lui prendre ses bras.
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