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Mercredi 9 mai 2007

Après plusieurs mois de battement, voilà la fin du chapitre 3. C'était un peu difficile de se remettre dans le bain, j'espère qu'il n'y pas de grosses incohérences. Un extrait qui aurait pu être en ligne depuis deux bonnes heures si l'Internet de merde de ma résidence de merde avait marché, merci à eux. Bref, ce n'était plus à deux heures près de toute façon. Bonne lecture!

L’enterrement de Doug Thompson fut l’un des moments les plus douloureux de la vie de Thomas (Et Dieu sait si la concurrence était rude !). D’ailleurs, cela avait été douloureux pour tout le reste de la Division , il en était convaincu. Oh, bien sûr, ils ne le montraient pas tous de la même manière. Ce gros con de Mustang, par exemple, n’était pas du genre à éclater en sanglots. Tout le contraire d’Emma, qui semblait véritablement ravagée par le chagrin. Sans doute était-elle plus jeune et plus innocente que Mustang, qui avait vécu ce genre d’expérience à maintes reprises depuis qu’il faisait partie de l’armée… La plupart des autres tentaient de cacher leur tristesse, avec des succès plus ou moins probants, mais tous étaient tristes.

            C’était parfaitement normal, dans le fond. Thompson n’était pas le meilleur alchimiste de la bande, ni le meilleur enquêteur ; il lui arrivait de boire pendant le service et c’était un sacré coureur de jupons, mais il jouait un rôle important dans la Division  : il la faisait vivre. Tom soupçonnait d’ailleurs de plus en plus fortement Mustang d’avoir recruté Doug dans ce but. Son utilité sociale compensait son utilité technique, en quelque sorte... Et puis, il était le premier membre de la Division tué en service. Jusqu’à présent, tout c’était tellement bien passé que pour beaucoup – y compris Tom –,  l’éventualité d’un tel événement avait fini par disparaître des esprits. Désormais, et jusqu’à ce qu’ils quittent la Division , chacun allait avoir en permanence la mort de Doug Thompson dans un recoin de sa tête.

Une fois la cérémonie terminée, il prit Mike à part :

-         Je peux te parler, une minute ?

-         Bien sûr, répondit l’autre. De quoi s’agit-il ?

-         Pas ici…

-         Pourquoi ?

-         Pas ici, c’est tout.

Mike le dévisagea un moment, interloqué, puis leva les yeux et les bras bers le ciel avec un air las.

-         Ok, ok…

Ils s’éloignèrent de la tombe de Thompson pour s’enfoncer plus profondément dans le cimetière. Ils marchèrent sans rien dire un bon moment avant que Mike ne finisse par briser le silence :

-         La journée n’a pas été franchement terrible, Tom. J’aimerais bien pouvoir rentrer chez moi. Si tu as quelque chose à dire, dis-le tout de suite.

-         Bon. Mais garde tout ça pour toi d’accord ?

-         Pourquoi ?

-         Garde ça pour toi, c’est tout.

-         D’accord, soupira Mike. Mais qu’est-ce qui t’arrive, à la fin ?

-         Je pense que l’armée est mêlée à toute cette histoire. Et sans doute un ou plusieurs membres de la Division.

-         Tu quoi ?

Thomas raconta alors toute l’histoire du meurtre de Thompson de la façon dont il l’avait vécu. Il lui parla de la veste, du « H » de Doug et de l’étrange comportement de Mustang. Quand il eut fini, lui et Davies marchèrent en silence pendant quelques minutes.

-         C’est dingue, cette histoire, lâcha finalement Mike.

-         Comme tu dis. Je voulais connaître ton sentiment à propos de tout ça. Je sais que toi, tu es digne de confiance…

L’ancien militaire sourit.

-         Qu’est-ce qui te fait croire ça ? Je suis un transfuge de l’armée, ne l’oublie pas. Et, lorsque j’étais soldat, je lui ai toujours été fidèle…

-         Je te connais, depuis le temps. Si le règlement l’interdisait, tu n’oserais pas pisser en dehors des heures de pause.

-         Je ne vois pas où tu veux en venir, s’offusqua l’autre.

-         Du calme, du calme. Ce que je veux dire, c’est simplement que lorsque tu étais soldat, tu devais être plus fidèle aux valeurs et aux règles de l’armée qu’aux hommes qui la dirigent, n’est-ce pas ?

-         Oh…je suppose que tu as raison… Bref, c’est mon avis que tu veux ?

-         Exactement.

-         Prends des vacances.

-         Pardon ?

-         J’ai dis : prends des vacances, Tom. Tu en as bien besoin.

-         Tu te moques de moi ?

-         Pas du tout. Tu as besoin de prendre du recul par rapport à cette affaire.

-         Au contraire, j’ai besoin de m’y plonger plus encore. Je sens que je tiens quelque chose…

-         Et c’est quoi, ce quelque chose ? Explosa l’autre. Que l’armée a envoyé un mort de plus de 100 ans, une de ses figures historique de surcroît, pour tuer une petite frappe et un gardien de prison ?

-         Un alchimiste, pas un gardien de prison, le corrigea Tom. De toute façon, Doug était une victime collatérale. Ce qui intéressait le vieux, c’était Beck. Ce type était une petite frappe, mais une petite frappe qui gardait un lourd secret dans son petit bled paumé.

-         Le seul secret qu’il voulait garder, c’est que le mafieux qui assurait sa « protection » voulait capturer des alchimistes d’État – des gens de valeur, donc - pour les livrer ensuite aux autorités en échange d’une rançon. Ce sont des pratiques aussi vieilles que le monde, surtout dans le Sud du pays, où la mafia prospère. La réaction de Mustang peut te paraître surprenante, mais j’ai vu des tas de gradés réagir comme ça dans l’armée. Je te le répète, Tom : prends des vacances, éloigne-toi un peu de toute cette agitation et alors tu pourras appréhender cette histoire avec la tête froide. Si tu continues sur cette voie, tout ce que tu vas faire, c’est te bousiller la santé et perdre ton boulot.

Tom resta bouche bée durant quelques instants. En quelques instants, Mike avait proposé une explication tout à fait plausible à cette affaire. Et si c’était lui qui avait raison ? Si son implication dans cette affaire l’empêchait d’analyser la situation de manière objective ? Qui plus est, il n’était pas en grande forme, loin de là. Pourtant…

-         Je suis désolé, mais ça ne colle pas. Ton scénario est parfait, à un détail près. Mais ça, tu ne pouvais pas le savoir.

-         Tiens donc… Et de quoi s’agit-il ?

-         Je l’ai vu, Mike. J’ai vu ce vieux. Et il n’avait rien à voir avec l’homme de main d’un quelconque caïd du Sud.

-         Bon…supposons que tu dises vrai. Ce n’est pas nos affaires, mon vieux, mais celles de l’armée. Alors laisser tomber, tu veux ?

-         Pas question, répondit l’autre avec fermeté. Il se trame quelque chose. Quelque chose de grand, j’en suis sûr. Le problème n’est pas de savoir à qui incombe la tâche d’arrêter ça, c’est de savoir ce que nous pouvons faire, en tant qu’alchimistes, pour empêcher que de tels événements se produisent à nouveau. Tu es prêt à m’aider, Mike, ou tu vas continuer à pisser aux heures de pause ?

Son ami secoua la tête avec un air triste.

-         Désolé, mais le mieux que je puisse faire pour toi, c’est faire comme si nous n’avions jamais eu cette conversation.

-         Je vois…

Thomas Owen fit demi-tour et retourna vers les voitures. Il était terriblement déçu. Durant les dernières heures, lui et Mike avaient eu cette conversation des dizaines de fois dans se tête, mais jamais il n’avait imaginé un tel scénario… La seule personne en qui il avait confiance lui avait tourné le dos. Maintenant, il allait devoir avancer non seulement dans l’ombre, mais aussi seul. Et en plus de cela, il lui faudrait faire son travail d’alchimiste d’État.

Et justement, lors de son retour à la base, une semaine plus tard, Mustang avait une mission pour lui.

 

par Rémi publié dans : Fanfic
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